Étude pour le Baiser

Auguste Rodin (1840 -1917)

1880-1889

crayon graphite, encre (plume et lavis), gouache sur papier découpé et collé sur papier vélin imprimé

H. 16 ; L. 8,2 cm

D.9533

Ce dessin qui fait partie des très beaux dessins « noirs » de Rodin a été acquis par préemption en vente publique en mars 2018. A l’examen attentif on découvre qu’il s’agit un papier découpé collé. Il en a toutes les caractéristiques : étude préliminaire au crayon, lavis d’encre, ajout de gouache blanche, reprise à la plume et à l’encre pour souligner les lignes de force qui ont disparu dans les à-plats, collage d’un papier de forme irrégulière qui suit les contours des figures sur un autre papier. Ce type d’œuvre montre à quel point le découpage est précoce dans les pratiques artistiques de Rodin. Le motif est découpé après avoir été dessiné approximativement mais l’artiste continue la mise en « couleurs » après le collage : la gouache recouvre le deuxième support qui fait ainsi intégralement partie de l’œuvre. Le caractère achevé du dessin est marqué par le fait que Rodin y a apposé sa signature.

 

Bien que le thème du Baiser soit particulièrement important pour la sculpture, il existe peu de dessins consacrés à ce thème dans les collections (D.05630 et D.03763). Le thème associé aux amours illégitimes de Paolo et Francesca de Rimini disparaît relativement vite du vantail de la Porte de l’Enfer, sans doute à cause de son trop grand décalage en regard de la représentation des tourments de l’Enfer. La composition du dessin correspond à un stade où l’étreinte conserve la violence de la recherche originelle qui se perçoit dans la bouche mordante de la femme et dans la manière d’attirer vers elle l’homme qui semble surpris.

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