Esquisse pour Sakountala

Camille Claudel (1864 -1943)

Vers 1886

Terre cuite

S.6772

En 1886, Camille Claudel s’attaque à la réalisation d’un groupe amoureux, figurant les retrouvailles de Sakountala et son époux, inspirées de la littérature indienne. Cette esquisse d’une grande sensualité est la plus ancienne connue à ce jour : Sakountala, à genoux devant l’aimé, se laisse enlacer avec tendresse, tandis que dans le groupe achevé, présenté au Salon de 1888, la jeune femme debout reçoit l’étreinte passionnée de son mari agenouillé.

 

Camille Claudel élabore Sakountala alors qu’elle travaille dans l’atelier d’Auguste Rodin. Si la femme est à genoux et non assise dans les bras de son amant, l’esquisse, par sa composition pyramidale et la position de l’homme donne l’impression d’un Baiser inversé, parti dont Claudel s’abstrait complètement dans la version finale. Il est intéressant aussi de noter le parallélisme des situations : un premier baiser qui s’annonce et sera unique chez Rodin, une étreinte voluptueuse entre deux amants enfin réunis chez Claudel.

 

Rares sont les esquisses conservées de Camille Claudel. Celle-ci, restée dans la famille jusqu’en 2017, a pu être acquise en vente publique par voie de préemption de l’Etat, tandis que onze autres œuvres de l’artiste ont intégré les collections publiques à cette occasion (acquisitions des musée Camille Claudel de Nogent-sur-Seine, musée d’Orsay, musée Sainte-Croix de Poitiers, La Piscine – Musée d’art et d’industrie André Diligent de Roubaix, Maison Camille et Paul Claudel de Villeneuve-sur-Fère). Elle vient enrichir le fonds du musée Rodin, qui conserve déjà une autre esquisse pour Sakountala (S.235) ainsi que la version en marbre de groupe, taillé en 1905 sous le titre Vertumne et Pomone (S.1293).

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