Partenaires

Le Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation de l’Essonne, la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, l’association Scopique Studio, l’artiste plasticienne Marion Lachaise accompagnée de Steeve François pour les prises de vue et l’auteur David Christoffel.

 

Participants

Alexandre, Ali, Amadeus, Carapace, Cornel Severa, G.M., I.P, M.P., Walid, Z.E.M.

 

Rodin contre toute ressemblance

Galerie des publics, du 10 juillet au 3 novembre

 

Cette présentation réunit les travaux de dix personnes détenues à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis qui ont pris part à un projet culturel et artistique mêlant modelage, dessin, vidéo et création sonore sous la conduite de l’artiste plasticienne Marion Lachaise et de David Christoffel, auteur.

Rodin contre toute ressemblance : dispositif de restitution

 

Rodin contre toute ressemblance : dispositif de restitution

 

Rodin contre toute ressemblance : dispositif de restitution

 

Rodin contre toute ressemblance : visite pédagogique

 

Rodin contre toute ressemblance : visite pédagogique

 

Rodin contre toute ressemblance : visite au musée Rodin de Paris

 

Rodin contre toute ressemblance : Marion Lachaise procédant aux réglages de la restitution

 

Au cours des différentes séances, les participants ont découvert l’œuvre de Rodin à travers une documentation iconographique, des visites commentées aux musées Rodin de Paris et Meudon, puis des reproductions de quelques-unes des sculptures les plus emblématiques de l’artiste. Ils ont ensuite utilisé de l’argile, souvent pour la première fois, et se sont approprié la notion de volume pour modeler leur propre avatar, esquissant dans ces autoportraits de glaise, une surface de projection enrichie de multiples réflexions enregistrées, et consultables par QR code.

Ce projet mené en binôme par Marion Lachaise et David Christoffel est basé sur un choix de questionnements autour de la constitution d’un portrait : le sens de la ressemblance, la manière de parler de soi, le regard porté sur l’autre, le contact avec la matière, l’expérience de la pluridisciplinarité.

Les deux artistes ont uni leurs démarches sous l’égide de l’œuvre de Rodin. Marion Lachaise a exploré la dimension plastique et ajusté son dispositif de transfiguration des visages. Grâce à des projections vidéo, les sculptures révèlent et dissimulent tour à tour les visages tandis que chaque participant est invité à se décrire. David Christoffel a enregistré une description des sculptures à plusieurs étapes : avant la réalisation, en cours de réalisation, à la recherche d'une œuvre musicale qui pourrait lui correspondre et, dans un dernier temps rétrospectif, au milieu de la collection finale. Le portrait se forme sur plusieurs échelles, au-delà de son image sociale dans un ajustage performatif de sculptures, de vidéos et de témoignages oraux.

Chaque participant s’est représenté sous une forme qu’il a choisie, souvent après quelques tâtonnements dus, notamment, à une première approche de la pratique du modelage. Chacun a fabriqué une sculpture en terre glaise sur laquelle a été projeté son visage. Peintes ou laissées brutes, ces sculptures nous font face et dissimulent partiellement le visage filmé de celui qu’elle représente. Chacun prête pensées et réflexions à son objet, témoignant de la façon dont il se perçoit ou comment il a abordé le projet.

Une installation a été présentée dans la salle polyvalente du bâtiment D1. Dix chaises en plastique trouvées en détention - de couleur verte, noire ou grise – sont alignées sur la scène face au public. Les sculptures sont posées sur les chaises tandis que les dossiers deviennent des écrans de projections. De petits haut-parleurs disposés sous les assises diffusent les paroles recueillies.

Avec cette proposition, la présence intime et créative des participants prend la forme d’un corps pluriel et singulier.